Avni Arbas et la Nouvelle École de Paris turque
Jeudi 30 janvier, Ader Paris confirma le vif intérêt des collectionneurs pour Avni Arbas (1919-2003), figure majeure de la peinture avant-gardiste turque. La vente d’art moderne et contemporain du Moyen Orient enregistra en effet 18 200 € pour son huile sur toile Les Pêcheurs (1956), bien loin de son estimation fixée entre 3 000 et 5 000 € !
Si le marché de l’art français sollicite ses œuvres depuis un quart de siècle, la relation d’Avni Arbas avec la France s’est construite dès 1946, année où le musée Cernuschi accrocha certaines de ses œuvres dans son exposition consacrée aux « Peintures turques d’aujourd’hui – Turquie d’autrefois », aux côtés d’autres représentants de la Nouvelle École de Paris turque : Fahrelnissa Zeid, Fikret Moualla, Hakki Anli, Néjad Devrim ou Selim Turan, pour ne citer qu’eux. Avni Arbas, alors fraîchement débarqué de Turquie, une bourse d’étude en poche, baigne dans l’atmosphère électrique du Paris de l’après-guerre, fréquentant l’atelier de Fikret Moualla à Montparnasse et logeant à son arrivée à la Schola Cantorum, rue Saint-Jacques, comme tant d’autres artistes immigrés.
D’autres noms furent honorés dans cette même vente du 30 janvier consacrée au Moyen Orient, au premier rang desquels figure l’Algérien Rachid Koraïchi (né en 1947), dont une épreuve en bronze de sa sculpture Rita, fondue par Deroyaume en 2014 sur 138 cm de haut, atteignit 37 350 €. Citons en outre le Gréco- Égyptien Antoine Malliarakis, dit Mayo et ses Personnages sur la plage, toile exécutée vers 1936 adjugée 19 500 €, ou encore l’Algérienne Baya (1931-1998), dont une Nature morte au vase de fleurs, grande gouache de 1967, partit à 17 680 € contre une mise à prix fixée entre 5 000 et 6 000 €.