Les poupées Art déco ont sorti le grand jeu
Belle surprise le 12 décembre à la salle Grange Batelière, où le marteau d’Ader frappait sa vente d’art moderne : ces charmantes « Femmes jouant à la poupée », huile sur toile de 1933, partirent à trois fois et demie leur estimation basse, soit 4 160 € au lieu des 1 200 à 1 500 € attendus. La quiétude qui se dégage de cette composition contraste violemment avec la vie de son auteur, Alicja Hohermann (1902-1943) : artiste polonaise d’origine juive, elle fut en effet déportée et assassinée à Auschwitz. A Paris où elle vivait depuis 1921, cette figure de l’Art déco participait aux salons avant-gardistes de premier plan, à l’image du Salon d’Automne ou de l’Exposition de la Société des Artistes indépendants – dont notre toile figurait d’ailleurs au cinquantenaire, en 1934. Les portraits de femmes et d’enfants de Hohermann, aux traits si fins, aux visages à l’ovale marqué et aux yeux en amande, constituent le sujet privilégié de sa courte carrière.