Quand le bleu Asse s'affirme
L’engouement autour des œuvres de Geneviève Asse (1923-2021) fut confirmé le vendredi 6 décembre sous le marteau d’Ader, qui frappait alors sa vente d’Abstraction d’après-guerre & figuration contemporaine : d’un prix de départ situé entre 10 000 et 15 000 €, cette « Composition bleue » de 1959 fut emportée à hauteur de 41 600 €. Il faut dire qu’elle illustre un tournant dans la carrière de cette grande dame de l’abstraction française, ses natures mortes influencées par Chardin et Cézanne laissant la place, au tout début des années 1960, à des représentations éthérées de l’espace. Si ses toiles n’accueilleront jamais de pures monochromes, elles laissent jaillir la blanche lumière inspirée du Midi en de grands aplats clairs qui deviendront progressivement bleus – couleur emblématique de l’artiste. Dans la présente composition, le fameux « bleu Asse » point déjà dans des formes évanescentes semblant flotter dans leur environnement. Exposée au Centre national d’Art contemporain de Paris (futur Centre Pompidou) en 1970, cette œuvre fut également présentée au musée des beaux-arts de Reims en 1993 : elle figura en effet dans la collection rémoise de Monique Faux (1924-1997), personnalité de la vie culturelle locale.